« Farcissures » de François Tison.

La cage du rossignol sent la pourriture. Il faut le nourrir de lombrics tronçonnés et hachés.

Et si on poussait la logique consommatrice jusqu’à son paroxysme?  Et si on brouillait un peu les lignes si claires qui délimite le lieu d’un corps de celui de son déchet?

En son for intérieur, chacun sait marquer nettement la limite entre la marchandise, le bien et l’ordure.

A l’heure de l’aversion pour le vers, pour tout ce qui grouille, François Tison replace le déchet au centre.  De ceux issus de la consommation courante à la dépouille mortelle, voire ses cendres, il envisage de recentrer l’immondice, au lieu de l’expulser dans sa banlieue.

Avilir, s’avilir, avaler, s’avaler n’est pas à la portée du premier venu, se pousser dans le dos du plus haut de la roche et se tenir au-dessous, la geule grande ouverte.

Le projet, tour à tour farce et discours éminement politique, où la note de bas de page elle-même(cet autre déchet) quitte sa périphérie pour réoccuper le corps du texte, le projet donc est ici, en contrepoint du notre où tout est organisé autour de l’évacuation du déchet, d’imaginer un monde qui organiserait sa plus imperméable rétention.

François Tison, Farcissures, 2012, Allia.

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