« Vie auprès du courant » de Tarjei Vesaas.

Aftenposten. Vinje i Telemark 19650307. Forfatter Tarjei Vesaas hjemme på gården i Vinje. Foto i arbeidsrommet. Masse papirer. Foto: Rolf Chr. Ulrichsen / Aftenposten *** FOTO IKKE BILDEBEHANDLET ***

Dernière oeuvre de l’immense romancier norvégien sortie l’année même de son décès, Vie auprès du courant est un recueil de poèmes. Où, comme dans les romans de sa « dernière période » se déploient les thèmes qui lui furent chers et furent à l’origine de son succès. On y retrouve ces atmosphères teintées d’onirisme, d’un absurde discret, d’un symbolisme tout en nuance. Mais surtout, se défaisant du fil narratif romanesque, émerge de ses vers une écriture décuplée de la nature.

Parmi des branches nues

s’est accomplie la vie.

Tous les rameaux,

toutes les branches,

sont là dans le sommeil.

A côté d’un monde mais profitant de cet écart pour le détailler mieux et plus profondément. Telle parait souvent la nature de Vessas. Très rarement métaphorique – ou si légèrement qu’il n’y parait guère -, sa poésie prend les teintes de récits ad minima pour faire germer chez qui la lit à la fois les images bien précises de ce qu’elle décrit, et l’écart qu’elles entretiennent avec ce que la poésie en dit. On est à côté. On est auprès. Et c’est dans cette distance d’avec le courant, dans cette vie proche de lui sans être prise dans son flux, que Vesaas lui procure les plus beaux vers.

La congère lourde comme un monde.

Ce qui fait la beauté de l’oeuvre de Vesaas semble échapper à toute catégorie préconçue d’analyse. A l’aune de l’attachement ému que lui témoigne ses lecteurs, la magie semble opérer d’autant mieux que ses causes demeurent cachées. Le lire est un acte de foi. Dont ce recueil est comme l’épure.

Tarjei Vesaas, Vie auprès du courant, 2016, La Barque, trad. Céline Romand-Monnier.

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(1 commentaire)

  1. Un grand merci pour cette belle critique que je ne découvre qu’aujourd’hui. (Olivier Gallon)

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