Vieux brol 18 : « Lettres à Lucilius, livre 1 à 6  » de Sénèque.

seneque

Ne subsiste bien souvent de certains livres, dans nos esprits assommés par la « nouveauté  » , qu’une vague idée, que le souvenir lointain (et bien souvent déformé) de commentaires.  N’en surnage que l’impression d’un déjà connu, d’un déjà lu, qui les fait irrémédiablement verser dans les limbes de ce qui n’est définitivement plus à lire.  D’où l’idée de cette série de chroniques de retours aux textes lus.  Sans commentaires.

La part la plus considérable de la vie se passe à mal faire, en large part à ne rien faire, toute la vie à n’être pas à ce que l’on fait.

C’est n’être nulle part que d’être partout.

Ce n’est jamais du présent seul que viennent nos peines.

Ce sont deux extrémités à éviter, de se faire semblable aux méchants, parce qu’ils représentent le nombre ; de se faire l’ennemi du grand nombre, parce qu’il ne nous ressemble pas.

On exagère la douleur ; on l’anticipe ; on se la forge.

Le sage ne ne provoquera donc jamais la colère des puissants. Il rusera avec elle, comme avec l’ouragan le marin.

La faim est peu coûteuse ; ce qui coûte, c’est un palais blasé.

Oui, Lucilius, la servitude ne retient que peu d’hommes ; il en est plus qui retiennent la servitude.

Ton premier devoir, le voici, mon cher Lucilius : fais l’apprentissage de la joie.

Dans la pensée de bien des gens, vivre n’est pas douloureux ; c’est oiseux.

A l’occasion sache te désobliger.

Ces vérités, je le sais, ont été dites souvent, et se diront souvent encore

Pense à la mort toujours pour ne la craindre jamais.

Nul ne sait être à soi.

Le nécessaire a pour mesure l’utile.

La trace d’une main amie, imprimée sur les pages, assure ce qu’il y a de plus doux dans la présence : retrouver.

Nous serions à nous, si ces pauvres choses n’étaient pas à nous.

La pire folie est de juger un homme, soit sur l’habit, sur sur la condition, qui n’est qu’un habit jeté sur nous.

La plus indigne des servitudes est la servitude volontaire.

Vis pour autrui si tu veux vivre pour toi.

Il est doux de séjourner avec soi-même le plus longtemps possible, quand on s’est rendu digne d’être pour soi-même un objet de jouissance.

L’effet de la sagesse, c’est une joie constante.

Sénèque, Lettres à Lucilius, livres 1 à 6, vers 63, Les Belles Lettres.

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