Le président, l’académicien et le torchon.

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Après l’interview de Gavalda, nouvelle Calliope de France-Culture, l’été 2014 se révèle décidément bien faste en évènements littéraires d’importance.  C’est en effet au tour d’un autre monstre culturel de rappeler à nos mémoires deux autres monstres de la littérature, dessinant ce trio gagnant, cette sanctifiable trinité ô combien alléchante : Paris-Match, Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Rouart!  Du papier glacé, un Sarkozy et un académicien pour parler littérature : il fallait oser.  Ils l’ont fait.  L’été est chaud.  On en viendrait presque à ne plus trépigner d’impatience dans l’attente de la moisson de septembre.

La plupart, dont nous sommes pas, se seraient sans doute uniquement gaussé de la chose, n’y voyant que matière à sarcasmes.  Mais à se moquer sans discernement, on en oublie souvent le sérieux qui se loge sous le potache.  Comme toute chose nécessite ses contrastes pour exister vraiment, la littérature a besoin de ces ailleurs.  A tout tourner en dérision, on se refuse à rien apprendre.  Voici donc, condensé, ce qu’on apprend grâce à Paris-Match :

-Nicolas Sarkozy est président.

-La littérature c’est l’émotion.

-Nicolas Sarkozy sait qu’il y a sept milliards d’êtres humains.

-Un écrivain est un romancier mort (sauf Houellebecq).

-Il n’y a rien au-dessus du romancier (sauf peut-être, mais là on nous reprochera sans doute d’interpréter, le romancier français, sans parler du romancier-français-académicien-chevalier-de-la-légion-d’honneur )*.

-Zola n’écrivait pas des trucs de gauche.

-Drieu La Rochelle n’écrivait pas des trucs de droite.

-Nicolas Sarkozy n’est pas sûr d’aller en vacance avec Céline.

– » Toute la littérature du XIXe et de la première partie du XXe siècle tourne autour de thèmes récurrents : “Je t’aime” ; “Tu m’aimes” ; “Est-ce que ça va durer ?” ; “Est-ce que je peux te faire confiance ?”.  »

-Napoléon a été trahi par sa famille mais heureusement il pouvait se reposer sur l’amour de Joséphine.

-La question : « Est-il vrai que vous détestez la Princesse de Clèves? » est épineuse.

-Nicolas Sarkozy n’a pas voulu se servir de la culture comme d’un moyen de communication.  Ligne de conduite stricte qu’il continue de suivre.

-Nicolas Sarkozy comprend les questions que lui pose Jean-Marie Rouart. [rires]

Nous ne pouvons clore ceci sans rappeler que Paris-Match appartient à Hachette qui appartient à Lagardère qui appelle Nicolas son « frère ».  Et que Jean-Marie Rouart fut élevé chevalier de la légion d’honneur par le Président de la République française en fonction le 14 juillet 2009 (voir *).  Comme nous le disions : la littérature a besoin de ces ailleurs…

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