Vieux brol 13 : « Le neveu de Rameau » de Denis Diderot.

RameauNe subsiste bien souvent de certains livres, dans nos esprits assommés par la « nouveauté  » , qu’une vague idée, que le souvenir lointain (et bien souvent déformé) de commentaires.  N’en surnage que l’impression d’un déjà connu, d’un déjà lu, qui les fait irrémédiablement verser dans les limbes de ce qui n’est définitivement plus à lire.  D’où l’idée de cette série de chroniques de retours aux textes lus.  Sans commentaires.

Mes pensées, ce sont mes catins.

personne n’a autant d’humeur, pas même une jolie femme qui se lève avec un bouton sur le nez, qu’un auteur menacé de survivre à sa réputation.

si tout ici-bas était excellent, il n’y aurait rien d’excellent.

foin du plus parfait des mondes si je n’en suis pas.

le mort n’entend pas sonner les cloches.

Imaginez l’univers sage et philosophe ; convenez qu’il serait diablement triste.

Je suis à vos yeux un être très abject, très méprisable ; et je le suis quelques fois aussi aux miens ; mais rarement.  Je me félicite plus souvent de mes vices que je ne m’en blâme.  Vous êtes plus constant dans votre mépris.

On crache sur un petit filou ; mais on ne peut refuser une sorte de considération à un grand criminel.  Son courage vous étonne.  Son atrocité vous fait frémir.  On prise en tout l’unité de caractère.

Il n’était ni plus ni moins abominable qu’eux ; il était seulement plus franc.

c’est pour bien dire le mensonge que j’ambitionne votre talent.

l’argent des sots est le patrimoine des gens d’esprit.

Les choses de la vie ont un prix, sans doute ; mais vous ignorez celui du sacrifice que vous faites pour les obtenir.

rira bien qui rira le dernier.

Denis Diderot, Le neveu de Rameau, 1821, Delaunay.

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