Vieux brol 16 : « Le Protreptique » de Clément D’Alexandrie.

ProtreptiqueNe subsiste bien souvent de certains livres, dans nos esprits assommés par la « nouveauté  » , qu’une vague idée, que le souvenir lointain (et bien souvent déformé) de commentaires.  N’en surnage que l’impression d’un déjà connu, d’un déjà lu, qui les fait irrémédiablement verser dans les limbes de ce qui n’est définitivement plus à lire.  D’où l’idée de cette série de chroniques de retours aux textes lus.  Sans commentaires.

Que la vérité débarrasse les hommes de l’erreur, leur offrant, comme une main très puissante, l’intelligence, pour les sauver : ils vont relever la tête et se redresser, abandonner l’Hélion et le Citeron pour habiter Sion.

Car de Sion sortira la loi, et de Jérusalem le Logos du Seigneur.

Le logos de Dieu ayant méprisé la Lyre et la cithare, instrument sans âme, régla par l’Esprit Saint notre monde et tout particulièrement ce microcosme, l’homme, âme et corps.

il n’y a dans les mystères, pour tout dire en un mot, que meurtres et ensevelissements.

Ainsi, il y a deux extrêmes dans l’ignorance religieuse : l’impiété et la superstition, en dehors de quoi il faut tâcher de se maintenir.

montre-lui seulement un soutien-gorge brodé : le vrai Zeus se révèle percé à jour.

En tout cas, alors qu’ils s’imaginent offrir aux dieux des sacrifices agréables, les hommes ne se rendent pas compte qu’ils égorgent des hommes.

vous finissez par n’être rien que des cadavres, pour avoir en fait mis votre foi en des cadavres.

toujours la matière a besoin de l’art, tandis que Dieu est sans besoin.

Seul compte le Logos, c’est le Logos qui seul compte.

Ne t’arrête pas, ô philosophie, à ce seul Platon.

Chacun voit maintenant avec évidence, je crois, que faire ou dire quelque chose sans le Logos de vérité, c’est comme être obligé de marcher sans pieds.

Dieu, paternellement, cherche sa créature, la guérit de sa chute.

C’est la folie seule, me semble-t-il, qui remplit une vie consacrée avec une telle ardeur au culte de la matière.

N’allez pas croire que des pierres, des morceaux de bois, des oiseaux, des serpents sont sacrés, et que les hommes ne le sont pas.

Cherchons donc, afin de vivre.

Par le Logos le monde entier est devenu désormais une Athènes et une Grèce.

Tu verras les cieux, ô vieillard, toi qui ne vis pas Thèbes!

Clément d’Alexandrie, Le Protreptique, 2004, Le Cerf, trad. Claude Mondésert et André Plassart.

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