Vieux brol 17 : « La métaphysique » de Aristote.

Platon AristoteNe subsiste bien souvent de certains livres, dans nos esprits assommés par la « nouveauté  » , qu’une vague idée, que le souvenir lointain (et bien souvent déformé) de commentaires.  N’en surnage que l’impression d’un déjà connu, d’un déjà lu, qui les fait irrémédiablement verser dans les limbes de ce qui n’est définitivement plus à lire.  D’où l’idée de cette série de chroniques de retours aux textes lus.  Sans commentaires.

Tous les hommes désirent naturellement savoir.

[Nos sensations] ne nous disent le pourquoi de rien, pourquoi, par exemple, le feu est chaud : elles se bornent à constater qu’il est chaud.

ce n’est pas, en effet, au sage à recevoir des lois, c’est à lui d’en donner.

La philosophie des premiers temps, du fait qu’elle est jeune encore et à ses débuts, semble, en effet, balbutier sur toutes choses.

Chaque philosophe trouve à dire quelque chose sur la Nature ; en lui-même, cet apport n’est rien sans doute, ou peu de choses, pour la vérité, mais l’assemblage de toutes les réflexions produit de féconds résultats.

Ainsi autant une chose a d’être, autant elle a de vérité.

il vaut mieux connaître une chose par ce qu’elle est que par ce qu’elle n’est pas.

rien n’est plus absurde que de prétendre qu’il existe des réalités déterminées en dehors de celles que nous voyons dans l’Univers sensible […] Quand on dit, en effet, qu’il existe l’Homme en soi, le Cheval en soi et la Santé en soi, sans rien ajouter, on ne fait qu’imiter ceux qui disent qu’il y a des dieux, mais que les dieux ont la forme de l’homme.

Mais les subtilités de la Fable ne valent pas la peine qu’on les soumette à un examen sérieux.

D’où pourrait venir, en effet, un autre un, en dehors de l’Un en soi?

tout ce qui est en puissance n’est pas nécessairement en acte. – D’un autre côté, si les éléments existent seulement en puissance, il peut se faire que rien n’existe du tout.

même ce qui n’est pas encore a la puissance d’exister.

L’Un ne se sépare pas de l’Etre.

la philosophe doit être capable de spéculer sur toutes choses.

La Dialectique se contente d’éprouver le savoir, là où la Philosophie le produit positivement.

Il n’est pas possible, en effet, de concevoir jamais que la même chose est et n’est pas.

il est ridicule de chercher à discuter avec quelqu’un qui ne peut parler de rien : un tel homme, en tant que tel, est dès lors semblable à un végétal.

une collection de tous les attributs ne fait pas une unité.

En admettant même que ce vrai n’existe pas, du moins y a t’il déjà du plus ferme et du plus véritable.

C’est d’après la forme que nous connaissons toutes choses.

il y a quelque chose d’autre encore en dehors de la sensation.

il y a un être qui met continuellement les choses en mouvement et le premier Moteur est lui-même immobile.

la diagonale est incommensurable.

C’est pourquoi tout être n’est pas bon ou méchant, juste ou injuste, mais il y a aussi l’état intermédiaire.

Et, de même que, dans le domaine de l’action, notre devoir est de partir de chaque bien particulier, pour faire que le bien général devienne le bien de chacun, ainsi doit-on partir de ce qu’on connaît le mieux soi-même, pour rendre ce qui est connaissable en soi connaissable pour soi-même.

Cadavre et vinaigre viennent de l’animal et du vin, à la façon dont la nuit vient du jour.

un être est puissant, soit parce qu’il a lui-même la puissance d’être modifié, soit parce qu’un autre être a la puissance d’être modifié par lui.

Ainsi tous les arts, c’est-à-dire toutes les sciences poétiques, sont-ils des puissances, car ce sont des principes de changement dans un autre être, ou dans l’artiste lui-même en tant qu’autre.

c’est de l’acte que procède la puissance.

La science du philosophe est celle de l’Etre en tant qu’être, pris universellement et non dans l’une de ses parties ; mais l’être s’entend de plusieurs manières, et non pas d’une seule façon.

La sophistique vit dans le Non-Etre!

Nous désirons une chose parce qu’elle nous semble bonne, plutôt qu’elle ne nous semble bonne parce que nous la désirons : le principe c’est la pensée.

Le premier Moteur est donc un être nécessaire, et, en tant que nécessaire son être est le Bien, et c’est de cette façon qu’il est principe.

la vie et la durée éternelle appartiennent donc à Dieu, car c’est cela même qui est Dieu.

L’Intelligence suprême se pense donc elle-même, puisqu’elle est ce qu’il y a de plus excellent, et sa Pensée est pensée de pensée.

Le commandement de plusieurs n’est pas bon : qu’il n’y ait qu’un seul chef!

Les formes les plus hautes du Beau sont l’ordre, la symétrie, le défini, et c’est là surtout ce que font apparaître les sciences mathématiques.

j’appelle fiction la violence faite à la vérité, en vue de satisfaire à une hypothèse.

Il n’y a science que de l’universel.

la relation n’est une substance, ni en puissance, ni en acte.

l’observation des faits montre bien que la nature n’est pas une série d’épisodes sans lien, à la façon d’une méchante tragédie.

on tient un discours interminable, comme celui des esclaves, quand on ne trouve rien de sensé à dire.

Aristote, La métaphysique, entre 364 et 322 av. JC, 2002, Vrin, trad. J. Tricot.

Lien Permanent pour cet article : https://www.librairie-ptyx.be/vieux-brol-17-la-metaphysique-de-aristote/

Laisser un commentaire

Votre adresse ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.